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Ouf, seulement 4h de bus pour rejoindre la ville de Sucre (capitale constitutionnelle de la Bolivie), ca nous change des 10h ou +. Malgre ses + de 230 000 habitants, Sucre degage une atmosphere sereine, avec son architecture baroque et coloniale, certains quartiers ont un petit air d'Espagne (normal nous direz-vous, puisque cette nation est venue envahir le terrain il y a plusieurs centaines d'annees de cela...).
Notre 1ere journee a Sucre sera placee sous le signe des "corvees" entre : le parcours du combattant pour trouver un cyber-cafe qui a Skype (et qui fonctionne vraiment !) pour telephoner a SFR et
verifier qu'ils ont bien ferme notre ligne, l'attente au poste de police pour obtenir une declaration de vol qui finalement nous sera refusee car le delit a eu lieu dans une autre circonscription
(pas de declaration, pas de remboursement des mois inutilises !), et enfin, trouver un studio photo susceptible de reparer notre appareil : notre choix s'arretera sur une boutique tenue par ...
des japonais ! Bon instinct : 24h et 50$US plus tard, notre joujou sera comme neuf (enfin presque, exceptees ses multiples bosses).
La ville c'est bien, mais un peu de nature parfois ca fait du bien aussi ! Nous voila donc partis a la decouverte des villages Jalq'a ou vivent des indiens, en plein coeur de la cordilliere des
Frailes. Ici, on parle le Quechua... pour certains l'espagnol... et parfois un mix des 2, bref pas toujours facile de se faire comprendre. Nous choisirons de nous poser au village de
Chaunaca qui compte une 60aine d'habitants, une ecole, une eglise et une "boutique". Autant dire qu'a notre arrivee, le seul endroit "vivant" etait l'ecole et pour cause, c'etait
l'heure du ptit dej.
La maitresse nous proposera de le partager avec eux (on goutera notre 1er "api" : boisson typique du matin, une sorte de soupe a la pomme) en attendant le retour du gerant du centre d'information
du village qui fait office de dortoir.
Les enfants retournent en classe, on sort un bouquin pour patienter... quand sonnera l'heure du midi, toujours pas de gerant. La maitresse nous prendra une nouvelle fois en pitie et nous
partagerons le repas avec les enfants. Nous ne nous attendions pas a un tel accueil mais finalement ce n'est pas plus mal car ici, on ne trouve rien a manger. Nous finirons par apprendre que
notre homme ne rentrera pas avant la nuit... il existe un plan B : dona Ernestina, la petite mamie qui tient la "boutique" du village. Sauves ! Nous ne dormirons pas dehors ! Ernestina nous
proposera le 2nd lit qui occupe sa chambre-salle a manger-boutique, en plus de quoi elle nous mijotera un "aji picante" (pommes de terre en sauce piquante avec... du riz, pour changer ;-) Et meme
si Alex s'est senti un peu mal a l'aise de dormir dans la meme piece qu'elle, il faut bien avouer qu'elle nous a rendu un bien grand service !
Des le lendemain, nous pourrons enfin partir marcher en direction de Marangua, petit village niche au creux d'un cratere cause par la chute d'un meteorite (ou du moins est-ce
l'hypothese la + plausible avancee). Le paysage est superbe, des falaises ocres qui contrastent avec les cultures en etages et partout, un relief temoin de la rencontre des plaques tectoniques
(voir photos, ca sera surement + clair). Mise a part l'aspect "ballade", notre venue a Maragua sera aussi l'occasion d'apporter quelques fournitures a l'ecole qui en a bien besoin, de par
son isolement geographique. On soupconne d'ailleurs la libraire de Sucre d'avoir saisi l'objet de nos achats puisqu'elle a pris le soin de nous donner des cahiers avec des illustrations
differentes en couverture.
En rentrant a Chaunaca, a notre grande surprise, le gerant du centre d'information etait de retour ; c'est dans cette petite cabane que nous passerons la nuit... par contre, nous ne raterons
pas une derniere occasion d'aller manger chez Ernestina !
Pour rentrer a Sucre, alors que nous attendions le bus au bord de la route (les locaux nous ayant dit qu'il passerait vers 9h... 10h ou encore 10h30... ca aussi c'est la Bolivie ! et c'est la
meme chose pour les temps de rando : pour aller a Maragua, on avait eu plusieurs versions allant de 4h a 10h aller-retour !), c'est un camion (genre betaillere a ciel ouvert, mode de transport
tres utilise par les villageois car + economique) qui passera : allez, soyons fous, grimpons ! Et meme si nous arriverons a Sucre recouvert de poussiere et avec le dos meurtris par
les secousses, l'experience en valait la peine car nous revenons aussi avec des images plein la tete (et malheureusement, pas plein l'appareil photo, pas toujours evident a sortir dans ces
moments la).
Le dimanche dans la region de Sucre, il y a le grand rdv du marche artisanal (mais aussi fruits et legumes et autres bric-a-brac) de Tarabuco. Pour cette occasion, les indiens
arrivent des environs par camions entiers, ou a dos d'ane ou encore a pied... Pendant que sur la route de Sucre, debarquent des bus entiers remplis de touristes qui viennent faire leurs
emplettes... il faut avouer qu'il est tentant de depenser tout son argent tellement il y a de belles choses... malheureusement nos sacs a dos ne sont pas extensibles a souhait, alors nous devrons
freiner notre fievre acheteuse, mais pas mitrailleuse pour une fois car dans la foule, il est plus facile de se faire discret ;-)
Notre sejour dans la region se termine, il est temps pour nous de partir sur les traces du Che Guevara, direction le village de La Higuera a bord de notre 1er bus de nuit bolivien... suspense...